Du désarroi stratégique à l’espoir
On a vraiment le sentiment que nos cadres supérieurs sont loin d’être unanimes sur la nécessité et la pertinence du plan Babin-TPG. Depuis le passage de Michel Combes, un management par la peur s’est instauré au plus haut niveau, et plus personne n’ose critiquer, même de manière constructive, la direction générale. Le désarroi stratégique de nos dirigeants est pourtant patent, il aurait été sain qu’une critique interne soit possible, et que la créativité de nos grands ingénieurs s’exerce dans de multiples voies et ne soit pas restreinte à une feuille de route de pure logique financière.
Quel est l’objectif ? Faire en sorte que les actionnaires n’aient pas à négocier avec les banques avant 2014. Le non respect des « covenants » entrainerait une négociation avec les banques, qui exigeraient d’être payées en capital, ce qui entraînerait une dilution de ce dernier, donc en clair pour les actionnaires initiaux de posséder moins de parts de l’entreprise, ce que les actionnaires du second LBO refusent évidemment.
C’est ainsi qu’à été élaboré à la hâte un plan « cap numérique » justifié à postériori par les consultants de cap Gemini, avec de très beaux organigrammes, une restructuration superbe sur le papier, sous le contrôle vigilant de nos dirigeants omniscients. Des ronds, des carrés, des chiffres mais pas un mot sur les hommes, réduits à des objets fonctionnels.
C’est tellement artificiel que certains consultants n’hésitent même pas à dire qu’ils n’aimeraient pas qu’on applique certaines parties de leurs propres recommandations chez eux.
Ce plan peut conduire à la destruction de l'entreprise, ce qui n'est de l'intérêt de personne.
Comment sortir par le haut de ce piège ?
Réunir des ingénieurs et créatifs pour travailler sur un plan alternatif, en collaboration avec tous nos actionnaires, y compris le FSI, un plan courageux où l’on ferait la part belle à la R&D , au développement marketing et commercial ; un plan où on fait un pari vers l’avenir en embauchant de nouvelles compétences, en formant et en faisant évoluer celles qu’on a déjà.
Trouvons de nouvelles synergies, de nouveaux partenariats.
Tout est encore possible, encore faut il en avoir le courage d’oser un vrai changement. « Il n’y a aucun mal à changer d’avis, pourvu que ce soit dans le bon sens » (Winston Churchill)
MHz
Covenants : Clause d'un contrat de prêt qui en cas de non-respect des objectifs peut entraîner le remboursement anticipé du prêt. Le covenant bancaire dans le cadre d'une opération à effet de levier de type LBO, se traduit par l'introduction de la part du prêteur, de clauses de respect de ratios financiers afin de réduire le risque d'insovabilité de l'emprunteur. Le ratio le plus connu est le ratio frais financiers sur résultat d'exploitation. Le covenant permet donc au prêteur d'exiger le remboursement anticipé des prêts dans la mesure où les prévisions financières de l'entreprise ne sont pas tenues et dans la mesure où la structure financière de l'emprunteur se dégrade (non respect de ratios).